Taxe de séjour sur un meublé de tourisme : qui la collecte et combien à La Rochelle et sur l’Île de Ré en 2026
Airbnb, Booking ou paiement direct, meublé classé ou non classé, part communale et part départementale : beaucoup de propriétaires loueurs confondent la taxe de séjour avec l’enregistrement Declaloc de la loi Le Meur. Ce sont deux obligations distinctes. Le point sur qui doit déclarer quoi, et combien, autour de La Rochelle, Rochefort et l’Île de Ré.
Une taxe distincte de la fiscalité sur les revenus locatifs
La taxe de séjour n’a rien à voir avec l’impôt sur les loyers perçus, qu’il relève du micro-BIC ou du régime réel : elle est due par le voyageur, pas par le propriétaire, qui n’en est que le collecteur pour le compte de la commune ou de l’intercommunalité. Prévue par le code général des collectivités territoriales, elle finance les dépenses liées à la fréquentation touristique — promotion, entretien des plages, offices de tourisme — sur les territoires qui l’ont instituée, ce qui est le cas de la quasi-totalité des communes de notre secteur, du littoral rochelais à l’Île de Ré en passant par le bassin de Marennes-Oléron. Beaucoup de propriétaires qui louent en meublé de tourisme découvrent cette obligation tardivement, parfois confondue à tort avec le numéro d’enregistrement Declaloc issu de la loi Le Meur : ce sont deux démarches séparées, avec des règles, des échéances et des sanctions propres à chacune.
Qui collecte réellement la taxe : la plateforme ou vous
Depuis la loi de finances pour 2019, les plateformes de réservation en ligne qui agissent comme intermédiaires de paiement — Airbnb, Booking, Abritel — ont l’obligation légale de collecter la taxe de séjour au moment de la réservation, puis de la reverser à la collectivité, pour le compte des loueurs non professionnels. Concrètement, sur une réservation conclue via l’une de ces plateformes, le voyageur paie la taxe directement dans le prix affiché, et le propriétaire n’a rien à encaisser ni à reverser lui-même pour ce séjour. Ce mécanisme couvre aussi, dans la plupart des cas, la part additionnelle départementale qui s’ajoute à la part communale.
Le cas où la collecte reste à votre charge
Trois situations font basculer la responsabilité de la collecte vers le propriétaire : une réservation prise en direct, par téléphone, par un site internet personnel ou via une agence qui n’est pas intermédiaire de paiement ; un statut de loueur en meublé professionnel (LMP), pour lequel la plateforme n’a pas d’obligation légale de collecte ; ou, plus rarement, un dysfonctionnement ponctuel de la plateforme. Dans ces cas, c’est au propriétaire de calculer, encaisser auprès du voyageur et déclarer lui-même le montant dû, sur la même plateforme de télédéclaration que celle utilisée par les professionnels de l’hébergement.
Combien : les tarifs sur l’agglomération de La Rochelle et sur l’Île de Ré
Chaque commune ou intercommunalité fixe librement, dans les limites du barème national, le tarif applicable sur son territoire. Sur la Communauté d’agglomération de La Rochelle, qui mutualise la collecte pour ses 28 communes membres sur une plateforme unique de télédéclaration, un meublé de tourisme non classé est taxé à hauteur de 5 % du coût de la nuitée hors taxes par personne, plafonné à 4,10 € ; s’y ajoute une taxe additionnelle départementale de 10 %, votée par le Conseil départemental de la Charente-Maritime, soit un maximum de 4,51 € par personne et par nuit. La Communauté de communes de l’Île de Ré applique un barème identique sur sa propre plateforme de télédéclaration, distincte de celle de l’agglomération rochelaise : un propriétaire qui possède un bien sur les deux territoires doit donc déclarer séparément sur chacune.
Ces tarifs évoluent par simple délibération et peuvent différer d’une intercommunalité à l’autre du secteur, notamment sur l’Île d’Oléron ou dans le bassin de Marennes-Seudre : le montant exact à appliquer se vérifie chaque année sur la plateforme de télédéclaration propre à la commune ou à l’intercommunalité du bien, plutôt que sur un chiffre national générique, qui ne reflète que le plafond légal et non le tarif réellement voté localement.
Meublé classé ou non classé : un mode de calcul différent
Le régime décrit ci-dessus — un pourcentage du prix de la nuitée, plafonné — s’applique aux meublés non classés. Un meublé classé en meublé de tourisme (de une à cinq étoiles) bascule, lui, sur un tarif fixe par personne et par nuit, propre à chaque catégorie de classement et voté par la collectivité, généralement plus avantageux pour les catégories intermédiaires qu’un pourcentage appliqué à un loyer élevé en haute saison. Ce mode de calcul distinct s’ajoute à l’avantage fiscal déjà important du classement sur le régime micro-BIC, détaillé dans notre guide sur le classement en étoiles : sur un bien loué cher l’été, comme c’est souvent le cas sur l’Île de Ré, le classement peut réduire sensiblement le montant de taxe de séjour collecté auprès des voyageurs, un argument commercial non négligeable face à des biens concurrents restés non classés.
Vos obligations qui restent à votre charge, même quand la plateforme collecte
La collecte automatique par une plateforme ne dispense pas le propriétaire de toutes ses obligations. Trois démarches restent de sa seule responsabilité : la déclaration de meublé de tourisme en mairie, obligatoire dès la première mise en location, y compris pour une résidence principale ; l’inscription au registre du logeur lorsque la commune l’a mis en place ; et, depuis la loi Le Meur, l’obtention du numéro d’enregistrement national à treize caractères à afficher sur chaque annonce — un dispositif que nous détaillons dans notre guide dédié à la loi Le Meur et qui reste distinct, dans son calendrier et ses sanctions, de la taxe de séjour elle-même. Un propriétaire qui délègue la gestion de son bien à une conciergerie ou une agence, comme évoqué dans notre guide sur la gestion locative, a intérêt à vérifier par contrat laquelle des deux parties assume le suivi de ces déclarations administratives, régulièrement source de malentendus en fin de saison.
Ce que vous risquez en cas d’oubli ou de sous-déclaration
Un défaut de déclaration, une déclaration inexacte ou un défaut de reversement de la taxe de séjour collectée auprès des voyageurs exposent le loueur à une amende, ainsi qu’à une taxation d’office calculée par la collectivité sur la base du nombre de nuitées estimé pour le bien concerné, majorée d’intérêts de retard. Les intercommunalités du secteur croisent de plus en plus systématiquement leurs données avec celles des plateformes de réservation et avec les annonces publiques en ligne pour repérer les meublés loués sans déclaration ni reversement : un contrôle qui, contrairement à une idée reçue, ne concerne pas seulement les gros volumes, mais aussi les propriétaires occasionnels d’un simple gîte ou d’un T2 loué quelques semaines l’été.
Ce que dit la recherche sur cette fiscalité touristique
Sur le plan économique, une question revient souvent chez les propriétaires : cette taxe pèse-t-elle sur leurs revenus locatifs, ou est-elle intégralement supportée par le voyageur ? Une étude désormais classique d’Edwin Fujii, Mohammed Khaled et James Mak, publiée en 1985 dans le National Tax Journal (« The Exportability of Hotel Occupancy and Other Tourist Taxes »), montre, à partir de données de long terme sur le marché hawaïen, qu’une taxe de séjour ad valorem est largement, quoique pas totalement, répercutée sur le prix payé par le voyageur plutôt qu’absorbée par les revenus du loueur — un résultat qui rassure sur l’impact réel de la taxe sur la rentabilité d’un meublé, dès lors qu’elle est correctement affichée et collectée dès la réservation. Sur le volet réglementaire plus large, une étude d’Andrew Bibler, publiée en 2025 dans la revue Real Estate Economics (« How Do Short-Term Rental Regulations Affect Market Outcomes? »), consacrée à l’instauration d’un numéro d’enregistrement obligatoire pour les meublés de tourisme à San Francisco, montre qu’une telle exigence administrative réduit sensiblement le nombre d’annonces actives et de nuitées réservées à court terme — un rappel que les nouvelles obligations déclaratives françaises, taxe de séjour comme enregistrement Declaloc, ne sont pas de simples formalités sans effet sur le marché locatif touristique local.
Les bons réflexes pour un propriétaire loueur
- Vérifier chaque année le tarif exact voté par la commune ou l’intercommunalité du bien, plutôt que de se fier à un montant mémorisé d’une saison précédente.
- Confirmer que la plateforme utilisée collecte bien la taxe sur chaque réservation, en particulier pour les réservations prises en direct ou hors plateforme.
- Distinguer taxe de séjour et numéro Declaloc : deux démarches, deux calendriers, deux sanctions, à ne pas traiter comme une seule et même obligation.
- Étudier le classement en étoiles si le bien se loue à un tarif élevé en haute saison, pour basculer sur un tarif fixe souvent plus favorable qu’un pourcentage plafonné.
Vous louez ou envisagez de louer un meublé de tourisme à La Rochelle, sur l’Île de Ré ou à Oléron ? Consultez nos guides sur l’investissement locatif, comparez les prix réels par commune sur nos pages DVF, ou demandez une estimation gratuite qui tient compte du potentiel locatif saisonnier de votre secteur.