Carnet d’information du logement (CIL) : ce qu’il faut fournir pour vendre ou louer
Depuis 2023, un nouveau document accompagne certains logements neufs ou rénovés : le carnet d’information du logement. Encore mal connu des vendeurs et des bailleurs de La Rochelle et de sa région, il devient pourtant incontournable dès qu’une rénovation énergétique entre en jeu.
Un carnet, pas un diagnostic : à quoi sert le CIL ?
Le carnet d’information du logement (CIL) n’est pas un diagnostic technique de plus à ajouter au dossier de vente : c’est un dossier de suivi qui centralise, dans la durée, les informations utiles à l’entretien et à la performance énergétique d’un bien. Il regroupe les caractéristiques des équipements de chauffage, de ventilation et d’isolation (nature, marque, modèle, date de pose), ainsi que les travaux ayant un impact sur la performance énergétique du logement — isolation des combles, changement de chaudière, pose de fenêtres double vitrage, par exemple. L’objectif affiché par les pouvoirs publics est simple : éviter que la mémoire technique d’un logement se perde à chaque changement de propriétaire ou de locataire, alors qu’elle conditionne directement le DPE et les futurs travaux de rénovation.
Depuis quand est-il obligatoire, et pour quels logements ?
Le CIL est obligatoire depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, en application du décret n° 2022-1674 et de l’arrêté du 27 décembre 2022. Il concerne deux catégories de logements : les constructions neuves dont le permis de construire a été déposé à compter de cette date, et les logements existants qui font l’objet de travaux ayant un impact significatif sur la performance énergétique — une isolation, un changement de système de chauffage ou de production d’eau chaude, par exemple. Un logement ancien qui n’a fait l’objet d’aucune rénovation énergétique depuis 2023 n’a donc, en pratique, pas besoin de carnet : c’est le déclenchement de travaux qui crée l’obligation, pas la date de la vente elle-même. Dans le parc ancien très présent en centre-ville de La Rochelle ou dans les bourgs de l’Aunis, la question se pose donc surtout pour les biens rénovés récemment, ou visés par un chantier MaPrimeRénov’.
Qui le remplit, et que doit-il contenir concrètement ?
La responsabilité de constituer le carnet incombe au propriétaire, à partir des informations que doivent lui transmettre les professionnels ayant réalisé les travaux ou la construction, au plus tard à leur achèvement. En pratique, le CIL rassemble : les plans et schémas des réseaux (chauffage, ventilation, eau chaude sanitaire), les caractéristiques techniques des matériaux d’isolation et des menuiseries, les dates et natures des travaux de rénovation énergétique réalisés, ainsi que les documents attestant leur bonne exécution (factures, attestations de fin de travaux). Il n’existe pas de format imposé par la loi, mais un modèle type diffusé par les services de l’État sert de référence à la plupart des professionnels du secteur — artisans, maîtres d’œuvre, syndics de copropriété.
Vente : un document à transmettre, pas un motif de blocage
Pour une vente, le carnet d’information du logement doit être transmis à l’acquéreur au plus tard à la signature de l’acte authentique. Le notaire vérifie sa présence dans le dossier de cession, au même titre que les diagnostics obligatoires ou, en copropriété, les pièces du plan pluriannuel de travaux. Contrairement au diagnostic de performance énergétique, l’absence de CIL ne bloque pas juridiquement la signature : aucune sanction pénale spécifique n’est prévue en 2026 pour un vendeur qui ne le fournirait pas. Mais un dossier incomplet peut nourrir un doute sur la qualité réelle des travaux annoncés, et donc peser dans la négociation ou, plus tard, ouvrir la voie à une contestation sur le fondement de la garantie des vices cachés si des travaux mal documentés se révèlent défaillants.
Location : une exigence plus souple, mais un vrai levier de valorisation
Pour la mise en location, le CIL n’a pas vocation à être systématiquement annexé au bail, contrairement au dossier de diagnostics techniques détaillé dans notre guide des diagnostics locatifs. Le bailleur a néanmoins tout intérêt à le tenir à jour : un logement dont l’isolation et les équipements sont documentés se loue plus facilement, se maintient plus simplement dans le temps, et facilite le passage d’un audit énergétique le jour où le classement DPE doit remonter — une échéance déjà bien connue des propriétaires de biens classés F ou G sur le littoral rochelais.
Ce que dit la recherche sur l’information énergétique et la valeur d’un bien
La disponibilité d’une information fiable sur la performance énergétique d’un logement n’est pas un détail administratif : elle se traduit en valeur de marché mesurable. Une étude de Franz Fuerst, Patrick McAllister, Anupam Nanda et Peter Wyatt, « Does energy efficiency matter to home-buyers? An investigation of EPC ratings and transaction prices in England » (Energy Economics, 2015), portant sur plus de 330 000 transactions résidentielles anglaises, montre que les logements les mieux classés énergétiquement se revendent avec une prime pouvant atteindre 5 % par rapport à un bien comparable moins performant. Un carnet d’information à jour, qui documente précisément les travaux ayant permis d’obtenir un bon classement, sécurise cette prime aux yeux d’un acheteur : il transforme une simple étiquette énergie en un historique vérifiable, ce qui réduit l’incertitude — et donc la marge de négociation à la baisse — au moment de la vente.
Constituer son carnet : la méthode la plus simple
- Dès le premier chantier de rénovation énergétique engagé après 2023, demandez systématiquement à l’artisan ou au maître d’œuvre les fiches techniques et attestations à intégrer au carnet — beaucoup les fournissent déjà sans le nommer explicitement.
- Conservez les factures et attestations de tous les travaux touchant à l’isolation, au chauffage, à la ventilation ou à l’eau chaude sanitaire, même en l’absence de modèle officiel rempli.
- En copropriété, le carnet d’entretien de l’immeuble et le DPE collectif, abordés dans notre guide du DPE collectif, complètent utilement le CIL du lot privatif.
- Avant une vente, rassemblez ces pièces avec les diagnostics et le dossier remis au notaire, en amont du compromis de vente, pour éviter tout retard de dernière minute.
Sur un marché rochelais où l’ancien domine largement le parc de logements, le carnet d’information devient un argument commercial à part entière pour les biens déjà rénovés. Pour évaluer la valeur d’un bien récemment rénové sur des bases réelles, demandez une estimation gratuite appuyée sur les ventes DVF comparables, ou consultez notre guide dédié à la vente en 7 étapes.