Construire ou acheter ancien en plaine d’Aunis : le coût complet, poste par poste
Au Thou, à Aigrefeuille-d’Aunis, à Bouhet ou à Surgères, beaucoup de ménages hésitent entre un terrain à bâtir avec CCMI et une maison existante à rénover. La comparaison n’a de sens qu’une fois additionnés tous les postes — y compris ceux qu’on oublie systématiquement.
Pourquoi la comparaison au prix au m² ne veut rien dire
Un constructeur affiche un prix de maison ; un vendeur affiche un prix de maison ancienne. Les deux chiffres ne recouvrent pas le même périmètre. Le premier n’inclut ni le terrain, ni les raccordements, ni les taxes d’urbanisme, ni les aménagements extérieurs. Le second inclut tout cela, mais pas les travaux à venir. Tant qu’on ne remet pas les deux options sur la même base, la comparaison est faussée.
Cette question du rapport entre prix de marché et coût physique de production est au cœur de l’analyse d’Edward Glaeser et Joseph Gyourko, publiée en 2018 dans le Journal of Economic Perspectives : ils montrent qu’un marché fonctionne « normalement » quand les prix restent proches des coûts de construction, et que l’écart entre les deux mesure surtout le poids des contraintes réglementaires sur l’offre foncière (« The Economic Implications of Housing Supply »). En plaine d’Aunis, c’est exactement l’enjeu : le coût de construction est comparable partout, c’est le foncier — et sa rareté croissante — qui fait la différence.
Le coût complet d’une construction neuve
- Le terrain, viabilisé ou non. Un terrain « nu » suppose des raccordements eau, électricité, télécom et assainissement à chiffrer : voir viabiliser un terrain.
- Les frais d’acte sur le terrain, au taux de l’ancien si le vendeur est un particulier.
- Le contrat de construction (CCMI) et ses garanties : garantie de livraison à prix et délai convenus, garantie de remboursement, décennale. Voir CCMI : garanties, retard, abandon de chantier.
- L’étude de sol, obligatoire à la vente d’un terrain à bâtir dans les zones exposées au retrait-gonflement des argiles — largement le cas en Aunis : voir étude de sol et argiles. Elle peut imposer des fondations spéciales qui pèsent lourd.
- La taxe d’aménagement, due sur la construction et ses annexes : voir taxe d’aménagement.
- L’assurance dommages-ouvrage, obligatoire pour le maître d’ouvrage : voir décennale et dommages-ouvrage.
- Ce que le CCMI n’inclut presque jamais : clôture, portail, allée, terrasse, aménagement extérieur, cuisine, parfois peintures et sols. C’est le poste qui fait exploser les budgets.
- Le coût du temps : entre la recherche du terrain, le permis, les recours éventuels et le chantier, comptez plus d’un an. Pendant cette période, vous cumulez un loyer et le remboursement du prêt terrain.
Le coût complet d’une maison ancienne
- Le prix d’achat, à comparer aux ventes réelles de la commune : prix au Thou, à Aigrefeuille-d’Aunis, à Surgères, ou la synthèse plaine d’Aunis commune par commune.
- Les droits de mutation au taux plein : voir frais de notaire.
- Les travaux, à chiffrer par un professionnel avant l’offre, pas après. Isolation, menuiseries, chauffage, électricité, toiture : voir acheter et rénover une maison ancienne.
- La mise en conformité de l’assainissement, fréquente hors bourgs raccordés : voir SPANC et vente.
- Les aides mobilisables : MaPrimeRénov’, éco-PTZ, CEE, et la TVA à taux réduit — qui n’existent pas pour une construction neuve.
Les trois éléments qui font vraiment pencher la balance en Aunis
La rareté du terrain
La trajectoire de réduction de l’artificialisation des sols contraint les ouvertures à l’urbanisation : les terrains constructibles se raréfient et les prix du foncier de bourg progressent. Voir ZAN et terrains à bâtir et comprendre le zonage du PLU. Avant tout compromis sur un terrain, demandez un certificat d’urbanisme.
Les sols argileux
La plaine d’Aunis est largement exposée au retrait-gonflement des argiles. C’est un surcoût potentiel de fondations dans le neuf, et un risque de fissures dans l’ancien : voir fissures et sécheresse.
La performance énergétique
Une construction neuve arrive avec une étiquette A ou B. Une maison des années 1970 non rénovée est souvent en E, F ou G — avec les conséquences que l’on connaît à la revente et à la location. L’écart de coût d’usage sur quinze ans est un poste à part entière du calcul.
Notre grille de décision
- Vous avez du temps, un apport confortable et une exigence de performance : le neuf en CCMI se défend, à condition d’avoir sécurisé un terrain viable et chiffré les extérieurs.
- Vous devez emménager vite, ou votre budget est serré : l’ancien avec travaux échelonnés reste plus souple, et ouvre l’accès aux aides à la rénovation.
- Vous cherchez de la surface et un grand terrain : l’ancien de bourg en plaine d’Aunis reste la meilleure équation du secteur.
Nous chiffrons les deux scénarios sur votre commune : décrivez votre projet à Aigrefeuille-d’Aunis, au Thou ou à Surgères. Voir aussi notre guide faire construire en plaine d’Aunis et trouver un terrain à bâtir.