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Genouillé : une église fortifiée classée, mais 95 % du territoire en aléa argile

Vaste commune de 34 km² entre Surgères et Tonnay-Charente, Genouillé conserve une église romane classée monument historique depuis 1913, dotée d’une chambre de défense. C’est aussi la seule commune de son secteur à perdre des habitants, avec un taux de logements vacants élevé — et la plus exposée du département au retrait-gonflement des argiles. Trois données qui changent la lecture d’un achat sur place.

La plus vaste et la moins dense des communes de son secteur

Avec 34,41 km² pour environ 872 habitants, soit une densité de 25 habitants au km², Genouillé est une commune très étendue et très peu peuplée de l’arrondissement de Rochefort, rattachée à la communauté de communes Aunis Sud. Ses habitants sont les Genouillacais. Elle est bordée par Saint-Germain-de-Marencennes, Vandré, Saint-Laurent-de-la-Barrière, Muron, Annezay, Tonnay-Charente, Moragne et Saint-Crépin.

Sa position est celle d’un entre-deux : à environ 9,5 km de Surgères et de sa gare TGV, à une douzaine de kilomètres de Tonnay-Charente, à environ 17 km de Rochefort et une trentaine de La Rochelle. L’échangeur d’autoroute A837 le plus proche se trouve à Tonnay-Charente, à environ 9,4 km, et le collège de secteur le plus proche est le collège Marcel-Pagnol de Tonnay-Boutonne, à environ 8 km. La commune est traversée par la Devise.

L’occupation des sols confirme le caractère rural : 98,5 % de territoires agricoles, avec 64,7 % de terres arables mais aussi 20 % de prairies, une proportion nettement supérieure à celle des communes purement céréalières voisines, cohérente avec la présence de marais et le maintien de l’élevage. Sur 13 établissements actifs, 38,5 % relèvent de l’agriculture et 30,8 % de la construction.

Une église romane classée depuis 1913, avec chambre de défense

L’église Notre-Dame de Genouillé est classée au titre des monuments historiques par arrêté du 30 mai 1913 (base Mérimée, référence PA00104698). Propriété de la commune, elle associe une nef et une façade du XIIᵉ siècle, romanes, à un chœur du XIVᵉ siècle, gothique. Sa façade présente deux niveaux de portails en arcatures romanes, avec un portail à voussures sculptées et des chapiteaux décorés, et un campanile surmonte l’entrée du chœur. Sa particularité tient à un escalier à vis pris dans l’épaisseur de la muraille, desservant une petite chambre de défense : Genouillé appartient à cette famille d’églises fortifiées de Saintonge et d’Aunis, aménagées pour servir de refuge en période de troubles. C’est le seul monument protégé de la commune.

Comme pour tout édifice classé, un périmètre de protection s’applique alentour : les travaux extérieurs visibles y sont soumis à l’avis de l’architecte des Bâtiments de France, une contrainte à vérifier en mairie avant d’acheter une maison du bourg — voir notre guide sur l’intervention de l’ABF sur les travaux.

La seule commune de son secteur à perdre des habitants

C’est la donnée la plus importante pour un acheteur comme pour un vendeur. Genouillé comptait 644 habitants en 1999, 812 en 2010 et culminait à 895 en 2017 — mais le recensement de 2023 la ramène à 872 habitants, soit −2,57 %. L’Insee mesure une évolution de −0,4 % par an entre 2017 et 2023, résultant d’un solde naturel positif (+0,5 %/an) plus que compensé par un solde migratoire de −0,9 %/an : davantage de ménages quittent la commune qu’il n’en arrive. C’est l’inverse exact de la dynamique observée à Chambon ou à Ballon, à quelques kilomètres de là.

Le parc de logements en porte la trace : sur 449 logements, 83,3 % sont des résidences principales, 7,3 % des résidences secondaires et 9,4 % sont vacants — un taux élevé pour le secteur, presque le double de celui de Ballon (5,1 %). La commune compte 83,7 % de propriétaires, un taux de chômage de 7,0 % et un revenu médian de 24 760 €, légèrement supérieur à celui de ses voisines. Un stock de logements vacants de cet ordre signale généralement un parc ancien difficile à remettre sur le marché sans travaux : c’est à la fois une contrainte pour les vendeurs, et une opportunité pour un acheteur disposé à rénover, comme le détaille notre guide sur l’achat d’une maison ancienne à rénover.

Le marché immobilier de Genouillé : des prix contenus et une forte dispersion

D’après les ventes réellement enregistrées par les notaires (base DVF), une maison à Genouillé se négocie en médiane autour de 1 880 €/m², la moitié des transactions se concluant entre environ 1 213 et 2 192 €/m², pour un prix médian tous biens confondus proche de 181 000 €, sur un échantillon de 16 ventes — le détail figure sur notre page des prix DVF de Genouillé.

La commune se situe donc en bas de fourchette de son secteur : sous Chambon (2 298 €/m²), sous Ardillières (2 000 €/m²), au niveau de Surgères (1 967 €/m²), mais au-dessus de Muron (1 683 €/m²) et de Tonnay-Boutonne (1 562 €/m²). L’élément le plus parlant n’est pas la médiane mais l’écart entre le premier et le troisième quartile : de 1 213 à 2 192 €/m², soit près du simple au double. Sur seize ventes, cela traduit un marché où coexistent des maisons de bourg à rénover et quelques biens rénovés ou récents — et où une estimation fondée sur la seule médiane communale peut se tromper lourdement, dans un sens comme dans l’autre.

Le point technique décisif : 94,6 % du territoire en aléa argile

C’est la caractéristique la plus discriminante de Genouillé. D’après les données Géorisques, 94,6 % de la superficie communale est classée en aléa moyen ou fort de retrait-gonflement des argiles — contre 54,2 % en moyenne dans le département et 48,5 % au niveau national. Autrement dit, la quasi-totalité des parcelles de la commune est concernée. La commune a fait l’objet d’arrêtés de catastrophe naturelle pour sécheresse en 1989, 2003 et 2005, ainsi que pour mouvements de terrain.

Les conséquences pratiques sont directes. Pour un vendeur de terrain constructible, l’étude géotechnique préalable est obligatoire et doit être annexée à la promesse de vente ; elle reste valable trente ans. Pour un constructeur, les fondations devront être adaptées, ce qui renchérit le coût de construction dans des proportions non négligeables — un paramètre à intégrer très en amont d’un projet de construction en plaine d’Aunis. Pour un acheteur de maison existante, l’inspection des fissures, la nature des fondations et l’historique des déclarations de sinistre sécheresse auprès de l’assureur sont des vérifications de premier ordre, comme l’explique notre guide sur les fissures liées à la sécheresse. Une maison fissurée dans une commune classée à 94,6 % n’est pas un cas isolé : c’est un risque structurel de territoire.

Marais de Rochefort, Devise et inondations

Genouillé fait partie des vingt-et-une communes du site Natura 2000 FR5400429 « Marais de Rochefort », zone spéciale de conservation de 13 580 hectares : certains projets y sont soumis à évaluation des incidences, comme le détaille notre guide sur les contraintes Natura 2000 et zones humides. La commune a par ailleurs été reconnue en état de catastrophe naturelle pour inondations en 1982, 1983, 1999, 2010, 2013 et 2016 — six épisodes, principalement liés au débordement de la Devise. Elle relève enfin d’une zone de sismicité modérée, ce qui rend obligatoire l’état des risques et pollutions pour toute vente ou location.

Ce que dit la recherche : le risque naturel se lit dans les prix

La capitalisation du risque naturel dans la valeur d’un logement est un des résultats les mieux établis de l’économie immobilière. La méta-analyse de Vanessa Daniel, Raymond Florax et Piet Rietveld, « Flooding Risk and Housing Values: An Economic Assessment of Environmental Hazard » (Ecological Economics, 2009), qui agrège 19 études et 117 estimations, établit qu’un point de probabilité annuelle d’inondation supplémentaire se traduit par un prix de vente inférieur d’environ 0,6 %. Les auteurs insistent surtout sur un biais méthodologique majeur : confondre l’aménité « proximité de l’eau » avec l’exposition au risque fausse systématiquement l’estimation. Le cas de Genouillé en est une illustration directe — la présence de la Devise et des prairies de marais constitue un agrément paysager réel, mais la même géographie porte un aléa d’inondation documenté par six arrêtés de catastrophe naturelle. Les deux effets se compensent en partie dans la médiane communale, ce qui plaide pour une évaluation parcelle par parcelle plutôt que pour une moyenne.

Vendre ou acheter à Genouillé : la médiane ne suffit pas

Sur une commune de 872 habitants qui perd des habitants, avec 9,4 % de logements vacants, un aléa argile généralisé et une dispersion des prix du simple au double, la valeur d’un bien dépend presque entièrement de ses caractéristiques propres : état des fondations, année de construction, mode d’assainissement — beaucoup de biens isolés relèvent de l’assainissement non collectif contrôlé par le SPANC — et performance énergétique. Pour un vendeur, un bien bien positionné et documenté se distingue nettement dans un marché où l’offre ancienne est abondante. Demandez une estimation gratuite, ou comparez avec les communes voisines grâce à notre panorama des prix de la plaine d’Aunis commune par commune.

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Questions fréquentes

Quel est le prix au m² à Genouillé (17430) ?

D’après les ventes réelles enregistrées par les notaires (base DVF), la médiane s’établit autour de 1 880 €/m² pour une maison, la moitié des transactions se concluant entre environ 1 213 et 2 192 €/m², pour un prix médian tous biens confondus proche de 181 000 € sur un échantillon de 16 ventes. L’écart entre quartiles, proche du simple au double, invite à ne pas se fier à la seule médiane.

Le risque de retrait-gonflement des argiles est-il élevé à Genouillé ?

Oui, c’est l’un des plus élevés du département : 94,6 % de la superficie communale est classée en aléa moyen ou fort selon Géorisques, contre 54,2 % en moyenne en Charente-Maritime. Une étude géotechnique préalable est obligatoire avant la vente d’un terrain constructible, et l’examen des fissures et fondations s’impose sur une maison existante.

Pourquoi Genouillé perd-elle des habitants ?

Entre 2017 et 2023, la population est passée de 895 à 872 habitants, soit −0,4 % par an. Le solde naturel reste positif (+0,5 %/an) mais le solde migratoire est négatif (−0,9 %/an) : davantage de ménages quittent la commune qu’il n’en arrive. Le taux de logements vacants, à 9,4 %, est cohérent avec cette dynamique.

Qu’a de particulier l’église de Genouillé ?

Classée monument historique depuis 1913, l’église Notre-Dame associe une nef et une façade romanes du XIIᵉ siècle à un chœur gothique du XIVᵉ. Elle comporte un escalier à vis pris dans l’épaisseur de la muraille, desservant une petite chambre de défense : c’est une église fortifiée, aménagée pour servir de refuge. Un périmètre de protection s’applique autour de l’édifice.