Guide

Nouveau DPE au 1ᵉʳ janvier 2026 : pourquoi une maison chauffée à l’électricité peut changer de classe sans aucun travaux

Un arrêté publié le 26 août 2025 modifie l’un des paramètres de calcul du DPE à compter du 1ᵉʳ janvier 2026 : le coefficient de conversion de l’électricité passe de 2,3 à 1,9. Sur le littoral et l’agglomération de La Rochelle, où de nombreuses maisons des années 1970-2000 sont chauffées par convecteurs électriques, ce simple ajustement peut faire basculer une étiquette F ou G vers E, voire D — sans qu’un seul radiateur ait changé.

Ce qui change au 1ᵉʳ janvier 2026

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) ne mesure pas directement la consommation d’un logement : il la convertit en énergie primaire, à l’aide de coefficients propres à chaque source (gaz, fioul, bois, électricité…). Un arrêté publié le 26 août 2025 au Journal officiel révise le coefficient appliqué à l’électricité, qui passe de 2,3 à 1,9 à compter du 1ᵉʳ janvier 2026. Le motif avancé par le ministère de la Transition écologique est la décarbonation du mix électrique français, aujourd’hui composé à plus de 96 % de nucléaire et de renouvelables : le calcul du DPE, resté inchangé sur ce point depuis 2021, ne reflétait plus cette réalité.

Concrètement, cette baisse réduit d’environ 17 à 20 % l’énergie primaire affichée pour le chauffage électrique, à consommation réelle strictement identique. Le gouvernement estime qu’environ 850 000 logements (sur la base du parc de résidences principales au 1ᵉʳ janvier 2023) sortiraient ainsi du statut de passoire énergétique, sur les 4,8 millions alors classés F ou G.

Faut-il refaire son diagnostic ?

Non. Les DPE réalisés après le 1ᵉʳ juillet 2021 et toujours en cours de validité ne deviennent pas caducs : la nouvelle étiquette s’applique de façon rétroactive, sans nouvelle visite d’un diagnostiqueur ni frais supplémentaires. Une attestation actualisée doit être mise à disposition via l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME. Avant de mettre un bien en vente ou en location, vérifiez néanmoins auprès de votre diagnostiqueur ou sur France Rénov’ que l’outil de recalcul est bien disponible et que l’étiquette annexée au dossier de diagnostic technique est à jour : c’est ce document, et non une estimation personnelle du gain, qui fait foi devant un acquéreur ou un locataire.

Pourquoi ce sujet compte particulièrement ici

Le parc de maisons individuelles construites entre les années 1970 et 2000 sur l’Île de Ré, à Oléron, à Châtelaillon-Plage ou dans l’agglomération de La Rochelle compte une proportion élevée de logements chauffés par convecteurs électriques — un choix constructif très répandu sur cette période, indépendamment de l’isolation réelle du bâti. Ce sont précisément ces logements que la révision du coefficient est susceptible de faire remonter d’une classe, alors qu’un bien chauffé au gaz ou au fioul, dont le coefficient ne change pas, verra son étiquette rester strictement identique. Pour un vendeur bloqué depuis 2025 par l’interdiction de louer un logement classé G, ou qui anticipait celle des logements F, la nouvelle étiquette peut changer la donne sans qu’aucun euro n’ait été investi en travaux.

Ce que cela ne change pas

Ce recalcul est une correction méthodologique, pas un gain de performance réelle. La facture d’électricité, l’isolation, la qualité des menuiseries et le confort thermique du logement restent rigoureusement les mêmes : seul l’indicateur conventionnel utilisé pour le classer évolue. Un bien mal isolé chauffé à l’électricité reste un bien mal isolé — il paraîtra seulement moins mal classé sur le papier. Pour un projet de rénovation déjà engagé, cela ne dispense donc pas d’une réflexion sur l’isolation si l’objectif est de réduire réellement la facture : voir nos guides sur MaPrimeRénov’ et sur l’éco-PTZ pour financer des travaux qui, eux, réduisent la consommation.

Un effet de seuil bien documenté par la recherche

Le DPE n’est pas un simple continuum : il est découpé en classes par des seuils, et un logement qui franchit un seuil change de catégorie même pour un écart minime d’énergie primaire. Un travail du CEPR signé Édouard Civel, Anna Créti, Gabrielle Fack et Daniel Herrera-Araujo, « Certification, Manipulation and Competition: Evidence from Energy Performance Certificates », montre sur données administratives françaises que les DPE se concentrent de façon anormale juste au-dessus des seuils de classe — signe que de petites variations dans le calcul suffisent à faire basculer un grand nombre de logements d’une catégorie à l’autre. C’est exactement le mécanisme à l’œuvre avec la révision du coefficient électrique : un ajustement de quelques points de pourcentage sur le calcul, appliqué à des centaines de milliers de logements situés juste sous un seuil, produit un reclassement massif.

Or l’étiquette DPE a un effet mesurable sur le prix de vente. Une étude de référence de Franz Fuerst, Patrick McAllister, Anupam Nanda et Peter Wyatt, « Does energy efficiency matter to home-buyers? An investigation of EPC ratings and transaction prices in England » (Energy Economics, 2015), portant sur plus de 330 000 transactions résidentielles anglaises entre 1995 et 2012, montre une prime de 5 % pour les logements classés A ou B et de 1,8 % pour la classe C, par rapport à un bien comparable classé D. Le mécanisme inverse joue pour les classes basses : sortir d’un statut F ou G, même par simple recalcul, n’a donc rien d’anodin pour la valeur d’un bien ni pour sa négociabilité — voir notre guide sur la décote appliquée aux logements F et G.

Ce qu’un vendeur ou un bailleur doit vérifier avant de mettre en marché

Vous vendez ou mettez en location une maison chauffée à l’électricité en Charente-Maritime ? Demandez une estimation gratuite qui tient compte de la classe énergétique réelle du bien, ou consultez nos pages vendre et guides pour préparer votre dossier de diagnostic technique.

Un projet concret ?

Estimation gratuite et conseil personnalisé sous 24 h.

Questions fréquentes

Le nouveau DPE 2026 change-t-il vraiment la consommation d’énergie d’une maison ?

Non. Seul le coefficient utilisé pour convertir la consommation d’électricité en énergie primaire diminue, de 2,3 à 1,9 à compter du 1ᵉʳ janvier 2026. La consommation réelle, la facture et l’isolation du logement restent identiques : c’est l’indicateur conventionnel qui évolue, pas la performance réelle du bâti.

Faut-il payer un nouveau diagnostic pour bénéficier du reclassement ?

Non. Les DPE valides réalisés après le 1ᵉʳ juillet 2021 sont recalculés de façon rétroactive, sans nouvelle visite d’un diagnostiqueur ni frais. Une attestation actualisée doit être disponible via l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME ; il est conseillé de vérifier auprès d’un professionnel que le document annexé à une vente ou une location reflète bien la nouvelle étiquette.

Tous les logements sont-ils concernés par ce reclassement ?

Non, seuls les logements chauffés à l’électricité sont directement concernés, puisque seul le coefficient de conversion de cette énergie change. Un logement chauffé au gaz, au fioul ou au bois ne voit pas son étiquette bouger pour ce motif.

Un logement reclassé de F à E peut-il de nouveau être loué à La Rochelle ou en Charente-Maritime ?

Si le reclassement fait sortir le logement de la catégorie visée par l’interdiction de louer en vigueur, oui. Il reste indispensable de disposer du DPE actualisé et à jour dans le dossier de diagnostic technique avant de remettre le bien en location — voir notre guide sur le DPE F ou G et l’interdiction de location.